Mon bébé ne veut que les bras : est-ce normal ?
« Mon bébé ne veut que les bras ».
C’est l’une des phrases qui revient le plus souvent pendant les premiers mois de vie. Le bébé se calme quand on le prend dans les bras, s’endort sur notre poitrine et, dès qu’on essaie de le poser dans le berceau, se remet à pleurer.
Cette situation peut être épuisante et susciter beaucoup de doutes :
Vais-je lui apprendre de mauvaises habitudes ?
Devrais-je le laisser pleurer un peu ?
Pourquoi a-t-il tant besoin de contact ?
Est-il normal qu’il ne veuille pas rester seul ?
Dans la plupart des cas, chercher les bras et la proximité de ses personnes qui s’occupent de lui est un comportement attendu chez un jeune bébé. Ce n’est ni de la manipulation ni un caprice. C’est une manière de communiquer un besoin de sécurité, de nourriture, de régulation, de repos ou de contact.
Les bras sont un besoin, pas une mauvaise habitude
Pendant les premiers mois, le bébé dépend entièrement d’autres personnes pour survivre et se réguler.
Il ne peut pas encore comprendre que l’adulte continue d’exister lorsqu’il s’éloigne, ni se calmer de la même manière qu’une personne adulte. Son principal recours est de demander de l’aide par les pleurs, les mouvements, le regard ou la recherche de proximité.
L’Académie américaine de pédiatrie explique qu’une réponse rapide aux pleurs durant les premiers mois ne “gâte” pas le bébé. Au contraire, répondre à ses signaux fait partie d’un soin sensible et adapté. (HealthyChildren.org)
C’est pourquoi, lorsqu’un bébé se calme en étant pris dans les bras, cela ne signifie pas qu’il a appris à contrôler l’adulte. Cela signifie qu’il a trouvé de la sécurité dans le contact.
Ce qu’explique la théorie de l’attachement
Le psychiatre et psychanalyste britannique John Bowlby a développé la théorie de l’attachement, selon laquelle les bébés possèdent un système biologique qui les pousse à rechercher la proximité de leurs figures de soin lorsqu’ils ressentent la faim, la fatigue, la peur, la douleur ou l’insécurité.
Plus tard, la psychologue du développement Mary Ainsworth a étudié comment les bébés réagissaient à la séparation puis aux retrouvailles avec leurs personnes qui s’occupent d’eux. Ses travaux ont aidé à comprendre l’importance de la sensibilité de l’adulte : observer les signaux du bébé, les interpréter et y répondre de manière appropriée. (PubMed)
La recherche actuelle continue de soutenir l’importance du soi-disant soin réactif. L’Organisation mondiale de la Santé le définit comme la capacité de la personne qui s’occupe de l’enfant à détecter, comprendre et répondre de manière opportune et appropriée aux signaux de l’enfant. (Organisation mondiale de la Santé)
Cela ne signifie pas répondre toujours de manière parfaite ni éviter tout pleur. Cela signifie être disponible, chercher à comprendre ce qui se passe et offrir du réconfort lorsque le bébé en a besoin.
Pourquoi se calme-t-il quand on le prend ?
Les bras réunissent plusieurs sensations familières pour le bébé :
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contact physique;
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chaleur corporelle;
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l’odeur et la voix de son soignant;
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mouvement rythmé;
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contenance;
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accès plus facile au sein ou au biberon;
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réduction des stimuli externes.
Tout cela peut l’aider à passer d’un état d’activation ou de pleurs à un autre de plus grand calme.
Un essai clinique mené par les pédiatres Urs A. Hunziker et Ronald G. Barr a observé qu’augmenter le temps pendant lequel les bébés étaient portés dans les bras était associé à une réduction des pleurs et de l’agitation chez des bébés en bonne santé. En revanche, une autre étude ultérieure dirigée par Barr n’a pas montré qu’un portage plus long réduisait davantage les pleurs chez des bébés atteints de coliques, ce qui rappelle que le contact peut aider, mais qu’il ne s’agit pas d’un traitement universel pour toutes les causes de pleurs. (PubMed)
Le prendre souvent le rendra-t-il plus dépendant ?
Aucune preuve ne montre qu’en prendre soin souvent et lui offrir du contact affectif rende un bébé moins autonome.
L’autonomie de l’enfant ne naît pas d’une séparation forcée pour laquelle il n’est pas encore prêt, mais se construit à partir d’une base de sécurité.
La recherche sur l’attachement associe les soins constants et réactifs à une plus grande sécurité émotionnelle et à des résultats positifs dans le développement social et émotionnel. (PubMed)
Cela ne veut pas dire que vous devez porter votre bébé dans vos bras chaque minute ni ignorer votre propre fatigue. Prendre soin de manière sensible implique aussi de trouver des façons durables de répondre à ses besoins.
Le portage comme outil pour accompagner
Lorsqu’un bébé a besoin de beaucoup de contact, une mochila portebébés ergonomique peut être une aide pratique pour certaines familles.
Il permet de garder le bébé près de soi pendant que la personne qui porte retrouve une certaine liberté de mouvement. Il peut être utile pour se promener, s’occuper de tâches simples ou accompagner des moments de sommeil et de calme.
Le portage ne remplace ni l’alimentation, ni le repos, ni l’évaluation médicale, ni la réponse à d’autres besoins. De plus, tous les bébés n’acceptent pas la mochila dès le premier moment.
Pour que ce soit adapté, il est important de vérifier que :
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le bébé se trouve dans la phase de développement recommandée pour la mochila;
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il maintient une posture ergonomique;
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ses voies respiratoires restent toujours visibles et dégagées;
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la tête et le cou bénéficient du soutien nécessaire;
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la mochila est correctement ajustée;
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le bébé est surveillé à tout moment.
S'il s'endort pendant le portage, il doit rester surveillé et le visage visible. Pour le sommeil habituel, l'Académie américaine de pédiatrie recommande de transférer le bébé sur une surface ferme, plane et non inclinée, en le plaçant sur le dos. (publications.aap.org)
Parfois, il ne réclame pas les bras : il réclame autre chose
Même si rechercher le contact est normal, tous les pleurs n'ont pas la même signification.
Le bébé peut aussi pleurer à cause de :
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faim ;
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sommeil ;
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couche sale ;
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froid ou chaleur ;
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excès de stimulation ;
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gaz ou inconfort digestif ;
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douleur ;
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fièvre ou maladie ;
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besoin de changer de position ;
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besoin de faire une pause.
L'Académie américaine de pédiatrie recommande d'observer quand les pleurs apparaissent, comment le bébé s'alimente, s'il vomit, s'il prend du poids et s'il présente d'autres symptômes. (HealthyChildren.org)
Quand un bébé cesse-t-il de réclamer autant les bras ?
Il n'existe pas d'âge précis.
Le besoin de contact est souvent particulièrement intense au cours des premiers mois, et peut augmenter à certains moments :
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pics de croissance ;
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changements de sommeil ;
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maladie ;
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poussée dentaire ;
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entrée à la crèche ;
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séparation du soignant ;
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voyages ou changements de routine.
L'Académie américaine de pédiatrie indique que beaucoup de bébés pleurent surtout entre deux semaines et deux mois de vie, bien qu'il existe une grande variabilité d'un enfant à l'autre. (HealthyChildren.org)
Avec sa croissance, le bébé acquiert davantage de ressources pour explorer, communiquer et se réguler. Mais continuer à chercher les bras lorsqu'il est fatigué, effrayé ou malade reste un comportement tout à fait compréhensible.
Prendre soin du bébé, c'est aussi prendre soin de celui ou celle qui s'en occupe
Un bébé qui a besoin d'un contact constant peut être physiquement et émotionnellement exigeant.
Se sentir fatiguée, saturé ou frustré ne signifie pas aimer moins le bébé. Cela signifie qu'un accompagnement continu demande du repos, du soutien et de l'aide.
Quand les pleurs vous submergent :
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demandez de l'aide à quelqu'un d'autre ;
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reliez-vous pour porter le bébé ;
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laissez-le quelques minutes dans un endroit sûr si vous avez besoin de retrouver votre calme ;
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parlez à votre pédiatre ou à votre sage-femme si vous sentez que vous n'en pouvez plus ;
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ne secouez jamais le bébé.
L'Académie américaine de pédiatrie recommande de placer le bébé dans un berceau ou un espace sûr et de s'éloigner brièvement lorsque l'adulte se sent submergé, avant de perdre le contrôle. (HealthyChildren.org)
Quand consulter le pédiatre
Il convient de consulter si les pleurs sont différents de d'habitude, apparaissent soudainement ou s'accompagnent d'autres symptômes.
Recherchez une assistance médicale surtout si :
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le bébé a de la fièvre, surtout s'il a moins de trois mois ;
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refuse les tétées ou boit beaucoup moins ;
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présente des vomissements répétés ;
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semble très abattu ou agit de façon anormale ;
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a du mal à respirer ;
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pleure lorsqu'on le touche ou qu'on le bouge ;
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les pleurs sont inconsolables et se prolongent ;
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ne prend pas correctement du poids ;
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vous pensez qu'il peut avoir mal ;
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quelque chose dans son comportement vous inquiète.
Chez les jeunes bébés, les symptômes de maladie peuvent être subtils. En cas de doute, il est préférable de consulter un professionnel de santé. (HealthyChildren.org)
En résumé
Oui, c'est normal qu'un bébé veuille être dans les bras, surtout pendant ses premiers mois.
Les bras lui apportent proximité, protection et aide pour se réguler. Répondre à ce besoin ne signifie pas le gâter ni l'empêcher de devenir autonome.
Chaque famille doit trouver une manière durable d'offrir du contact : bras, relais entre les personnes qui s'occupent de lui, moments peau à peau ou portage ergonomique lorsque c'est approprié.
Parce qu'un bébé ne réclame pas les bras pour contrôler qui que ce soit.
Ils le demandent parce que, pendant un temps, l'endroit le plus sûr pour eux reste près de vous.
Questions fréquentes
Est-ce mauvais de toujours prendre le bébé quand il pleure ?
Au cours des premiers mois, répondre aux pleurs et offrir du réconfort fait partie d'un accompagnement sensible. Il n'existe aucune preuve qu'un petit bébé soit « gâté » parce qu'il reçoit de l'attention et du contact. (HealthyChildren.org)
Pourquoi mon bébé pleure-t-il quand je le laisse dans le berceau ?
Il peut manquer du contact, de la chaleur et du mouvement, mais il peut aussi avoir faim, sommeil, des gaz, un reflux ou un autre inconfort. Si les pleurs sont intenses, persistants ou s'accompagnent d'autres symptômes, consultez son pédiatre.
Le portage aide-t-il le bébé à moins pleurer ?
Certaines études ont observé moins de pleurs chez des bébés en bonne santé lorsque le temps de portage augmente, mais l'effet n'est pas le même chez tous les bébés et ne remplace pas l'évaluation d'éventuelles causes médicales. (PubMed)
Dormir dans un porte-bébé est-il sûr ?
Le bébé peut s'endormir pendant le portage, mais il doit être surveillé, correctement installé et avec les voies respiratoires dégagées. Pour le sommeil habituel, il doit être transféré sur une surface ferme, plane et être couché sur le dos. (publications.aap.org)